lundi 26 janvier 2009

Chris Botti - Slowing Down The World (1999)


Chris Botti est un trompettiste de jazz américain d'origine italienne né le 12 octobre 1962 à Portland dans l'Oregon aux États-Unis. Il cite Miles Davis parmi ses influences principales.

Ses premiers albums, grâce à son style romantique et accessible, l'ont imposé comme un musicien de smooth jazz à succès, et certains critiques ont reconnu en lui un talent que peu de ses collègues actuels du genre ne possédaient, les plus enthousiastes allant jusqu'à émettre des comparaisons avec Chet Baker.

En 1999, Botti crée un groupe de jazz fusion, Bruford Levin Upper Extremities, avec le batteur Bill Bruford, le bassiste Tony Levin (ces deux musiciens ayant fait partie du groupe de rock progressif King Crimson) et le guitariste David Torn, avec qui il publiera deux albums.

Depuis son album "When I Fall In Love", il délaisse le smooth jazz pour un style de jazz plus traditionnel dans le style mainstream qui reprend notamment de nombreux standards du Great American Songbook avec des arrangements orchestraux soyeux qui lui ont valu des comparaisons avec ceux de Gil Evans.

Sur l'album suivant, "To Love Again", il joue en compagnie d'une pléiade d'invités très divers, allant de son ami Sting au crooner Michael Bublé en passant par le rockeur Steven Tyler d'Aerosmith ou encore les chanteuses soul Gladys Knight et Jill Scott. Ce n'est pas une première puisque ce musicien a accompagné de nombreux artistes sur scène, de musique populaire (Sting, Frank Sinatra, Paul Simon, Chaka Khan, Rod Stewart, Burt Bacharach etc.) comme de jazz (Roy Hargrove, Jeff Lorber, Lee Ritenour, Clark Terry, Brian Culbertson etc.).

Son album de 2007, Italia, un hommage à la musique traditionnelle italienne, est loin de son registre jazz habituel et le voit jouer ce qui pourrait s'apparenter plutôt à de la musique classique. Cet album a été nominé aux Grammy Awards en 2007 dans la catégorie Meilleur Album de Pop Instrumentale.

Chris Botti a été aussi animateur d'une émission de radio états-unienne, "Chill with Chris Botti", dont la programmation consistait en un mélange de smooth jazz et de cool jazz, émission aujourd'hui reprise par la saxophoniste Mindi Abair ("Chill with Mindi Abair").

ahhhhh La suavité de Chris Botti. "Slowing Down The World" est comme un murmure qui vous glisse dans un flocon de pure soie. Take a Sit and Relax, Voilà comment on pourrait résumer le travail de Botti sur cet Album. "The Look", "Under a Painted Sky" et "Letting Go" sont de pur moments de Bonheur ou la chatoyance des arrangements le dispute aux ambiances feutrées. Le groovy "Irresistible Bliss" vous emporte tant par son optimisme que par ses arrangements chics. L'Ami Chris Botti se fends de deux morceaux chantés qui n'ont rien à envier aux standards des crooners d'antan. Définitivement un Album Classieux à mettre dans toutes les oreilles.

Tracklist :

1. Irresistible Bliss 5:00
2. The Look 4:22
3. Drive Time 5:33
4. In The Wee Small Hours 4:28
5. The Open Touch 6:00
6. Under A Painted Sky 4:13
7. Why Not 3:39
8. The Place Between Us 4:38
9. Same Girl 3:44
10. Where I'm Calling From 5:50
11. Letting Go 2:09

Personal :

Chris Botti : Trompette, Keyboards
John Robinson : Drums
Jon Ossman : Bass
Jeff Lorber : Piano, E-Piano
Harvey Jones : Keyboards
Gary Hughes : Programming
Marc Shulman : Guitar
Shane Fontayne : Guitar
Tim Pierce : Guitar
Alex Acuña : Percussions
The London Sessions Orchestra

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mardi 20 janvier 2009

Michel Colombier - Wings (1971)


Michel Colombier naquit à Lyon le 23 mai 1939 . Dès l'age de six ans débute sa formation musicale. Son père le voyait déjà pianiste, harmoniste ou chef d'orchestre. Il commence à improviser à onze ans et trois ans plus tard le jazz entre dans son monde musical. Dans de petits big bands il écrit et joue ses premiers arrangements. Sa formation musicale se prolonge par l'étude de l'orgue et du chant grégorien.

Durant son service militaire, il compose tout en arrangeant et jouant un large éventail de genres musicaux allant du jazz à la musique de chambre.

Sa vingt deuxième année se passe avec le compositeur Michel Magne. Dans la foulée il devient directeur musical chez Barclay. Ses débuts dans le métier d'arrangeur furent pour le premier disque en anglais de Charles Aznavour. Quincy Jones produit cet enregistrement aux USA.

Quelques années plus tard il introduit des sons jusqu'à présent inconnus et révolutionne le monde de la musique. Pour la télévision il crée des jingles qui sont encore diffusés.

Son entrée dans le monde de la danse se fait en co-écrivant avec Pierre Henry au ballet de Maurice Béjart à Bruxelles en 1967 : Messe pour un temps présent. Par la suite la danse fait appel à lui et composera et travaillera avec Mikhail Barishnikov (Le jeune homme et la mort avec Mikhail Baryshnikov 1985 pour le film White Nights), Roland Petit (Revues du Casino de Paris avec Zizi Jeanmaire 1972, 1973,1974), le American Ballet Theater (A brief fling 1990) et les Ballets de l'Opéra de Paris (Les règles du jeu en 1989 commandé par Rudolf Nureiev).

Pour la comédie française il compose la musique du Bourgeois gentilhomme mis en scène par Jean Louis Barrault en 1973. Dans la musique de la pièce certaines de ses compositions sont fondues avec celles de Lulli. Durant plusieurs années la pièce sera jouée.

En 1968 Pétula Clark le choisit comme directeur musical. Il la suit aux USA. Erb Alpert et A et M Records croise sa route. Pour cette firme il devient compositeur arrangeur et directeur artistique. Cette collaboration déboucha sur Wings en 1970. Wings reçut trois nominations aux Gramy Awards aux USA, le Grand prix du disque Charles Cros en France et le prix Edison aux Pays bas. Un nouveau concept d'albums alliant la première pop symphonique au premier oratorio rock lui vient.

A la suite du succès de cet album la presse internationale le reconnait comme l'héritier de Gershwin ou de Berstein. Ses compositions commencent à etre étudiées dans les grandes universités américaines. Il est l'auteur de nombreuses compositions de 1963 à 2000.

Les réalisateurs de téléfilms requièrent son écriture pour illustrer plus d'une centaines de génériques aux USA et en France.

La liste des films habillés de sa musique est longue. On peut citer : SCREWED de Steve Alexander & Larry KaraszewskI 2000, PROS & CONS de Boris Damast 2000, INNOCENTS de Gregory Marquette 2000, HOW STELLA GOT HER GROOVE BACK de Kevin Sullivan 1998, MEET WALLY SPARKS de Peter Baldwin 1996, ELISA (Cesar) de Jean Becker (avec Z. Preissner & S. Gainsbourg) 1994, FOLKS! de Ted Kotcheff 1992, DIARY OF A HITMAN deRoy London 1991, BACKTRACK de Dennis Hopper 1989, IMPULSE (Double jeu) de Sondra Locke 1989, ASTERIX: LE COUP DU MENHIr de Philippe Grimont 1989, SATISFACTION de Joan Freeman 1988, THE GOLDEN CHILD (L'enfant sacré du Tibet) de Michael Ritchie 1986, IN EXTREMIS de Olivier Lorsac 1986, WHITE NIGHTS (Golden Globe nomination) (Soleil de nuit) de Taylor Hackford 1985, PURPLE RAIN (People's Choice Award) de Albert Magnolia 1984, UNE CHAMBRE EN VILLE (Cesar nomination) de Jaques Demy 1982, LE COUPLE TEMOIN de William Klein 1976, LE HASARD ET LA VIOLENCE de Phillipe Labro 1974, L'ALPAGUEUR de Philippe Labro 1973, L'HERITIER de Phillipe Labro 1972, UN FLIC de Jean-Pierre Melville 1972, MANON 70 (co-écrit avec Serge Gainsbourg) de Jean Aurel 1970, LA FEMME ECARLATE de Jean Valere 1969, SI J'ETAIS UN ESPION de Bernard Blier 1968, LA FEMME INFIDELE (co-écrit avec Pierre Jansen) de Claude Chabrol 1968, L'HORIZON (co-écrit avec Serge Gainsbourg) de Jacques Rouffio 1967, LE PACHA (co-écrit avec Serge Gainsbourg) de Georges Lautner 1967, LE JARDINIER D'ARGENTEUIL (co-écrit avec Serge Gainsbourg) de Jean Paul Le Chanois 1966, L'ESPION (co-écrit avec Serge Gainsbourg) de Raoul Levy 1966, L'OR DU DUC de Jacques Baratier 1965, L'ARME A GAUCHE de Claude Sautet 1965, MARIE-CHANTAL CONTRE LE Dr. KAH (co-écrit avec Pierre Jansen) de Claude Chabrol 1965, UN MONDE NOUVEAU de Vittorio De Sica 1965, UNE SOURIS CHEZ LES HOMMES (co-écrit avec Guy Béart) de Jacques Poitrineaud 1964, COPLAN, AGENT SECRET FX18 de Riccardo Freda 1964, L'AMOUR AVEC DES SI (co-écrit avec Danyel Gerard) de Claude Lelouch 1962. Pour ses musiques de films il reçut à Tokyo un Music award et à Paris le Prix de la musique symphonique légère.

Plusieurs artistes font appel au talent de Michel Colombier. La liste est longue et variée : Madonna, Prince, Jhonny Mathis, Chrales Trénet, Supertramp, Pétula Clarck, Roberta Flack, Barbra Streisand, Nanette Workmann, Barbara, Herbie Hanckock, Joni Mitchell, Jean Pierre Rampal, Earth wind and fire, Stéphane Grapelli, Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, Nougaro (en 2000), Le London symphony orchestra, Le Los Angeles philarmonic, Le Los Angeles chamber Orchestra et l'Opéra de Paris...

Au début des années 1970, le dessinateur belge Jean Michel Folon crée des pastels. Une de ses oeuvres illustre le début et la fin des émissions de la deuxième chaine de télévision française. Souvenez vous de cet homme au chapeau qui volait léger dans un espace ocre oranger. Souvenez vous de cette musique légère, apaisante. Michel Colombier en est l'auteur. Il intitula cette musique Emmanuel en souvenir de son fils. Emmanuel est mort enfant. A la mort de l'enfant Barbara fut aux cotés des parents. Emmanuel repose au cimetière de Bagneux. Près de Bruxelles le musée de la fondation Folon propose un intinéraire dans les créations de Folon accompagné par les musiques de Michel Colombier.

Emmanuel est sans doute le titre le plus marquant de cet album. La mort de son fils qui y est associée n'y est pas pour rien tant il est vrai que ce titre résonne comme une ode à un ange. Il ne faut pas oublier pour autant les autres titres qui font de cet album un objet à posséder absolument dans sa cdthèque tant le talent du compositeur que son aura y sont présents !

Tracklist :

1. Freedom And Fear feat. Bill Medley 5:02
2. Earth 3:24
3. Thalassa 2:32
4. Doesn't Anybody Know feat. Paul Williams 3:09
5. Pourquoi Pas 2:54
6. Morning Is Come Again feat. Bill Medley 5:15
7. For Those Who Cannot Hear feat. Vermetta Royster 3:09
8. We Could Be Flying feat. Lani Hall 4:51
9. Emmanuel 3:02
10. All in All feat. Herb Alpert 4:34

Personal :

Michel Colombier : Composition, Piano, Keyboard, Arrangements
Alfred Farrugia : Piano

VIOLINS : Michel Cron; Maurice Elkan; Jacques Ghestein; Jean Lelier; Jacques Charrier; Jean Gaunet; Didier Saint Aulaire; Pierre Couzinier; Léon Locatelli; André Karten; Roger Andre; Jacques Dabat; Lucien Perotin; Joss Sanchez; Gilbert Brel; Hervé Le Floch; René Mascort; Paulette Pinchinat; Pascal Tortelier; Jacques Prat; Frédéric Geyre; Léon Bronschwak; Georges Guerin; Roger Berthier; Michel Ganot; Christian Gentis; Georges Ales; Michel Noel; Lionel Gali; André Barthelemy; Daniel Martinez; Georges Balbon; Roger Savard; Raymond D'Asco; Maurice Garon; jean D'Agostino; Jacques Baume; Pierre Simon

VIOLAS : Paul Hadjage; Stéphane Wiener; Michel Varron; René Brisset; Pierre Linares; Pierre Ladhuie; Christian Dufour; Claude Naveau; Gérard Causse; Jean Mayor; Richard Postel

CELLOS : Hubert Varron; Pierre Labadie; Jean Huchot; Manuel Recassens; Robert Ben; Fernand Benedetti; Georges Raffault; Jean Lamy; Roland Pidaus

STRING BASS : Yves Chabert; René Constant; Robert Andre; Jean-Pierre Logerot; Paul Amat; Willy Lockwood; Emmenon Barthelemy; Jacques Roliez

HARPS : Bernard Galais; Jean-Claude Dubois; Madeleine Pedon
OBOES : Claude Maisonneuve; Michel Descarsin; Robert Jeannoutot
FLUTES : Yanet Puech; Robert Heriche; Marcel Dubois; Raymond Guiot
CLARINETS : Guy Deplus; Jacques Millon; Guy Arnaud; Pierre Gossez
BASSOONS : Jean-Pierre Laroque; Raymond Drotilez; Paul Hongne
TRUMPETS:Pierre Thibaud; Roger Delmotte; André Garreau; Bernard Gabel; Fred Gerard

FRENCH HORNS : Georges Barboteu; Jacky Magnardi; Daniel Dubar; Georges Durand; Gilbert Coursir; André Carradot

TROMBONES : Raymond Katarzynski; André Paquinet; Max Fouchet; Camille Verdier

TUBAS : Elie Raynaud; Gerard Peresse

PERCUSSIONS : Gerard Perotin; Guy Cipriani; Jean Garon; Vincent Geminiani; Marc Chantereau; Jean Schultheis; Michel Lorin; Michel Zanlonghi

POP ORCHESTRA (France)

BRASS : Maurice Thomas; Ivan Jullien; Henri Vanhaeke; Fernand Verstraete; Christian Guizien; Charles Verstarete; André Paquinet, Camille Verdier; Benny Vasseur

WOODWINDS : Raymond Guiot (flute); Michel Portal; Georges Grenu; Pierre Gossez; Jacques Noureddine

STRINGS TRIO : Jean-Luc Ponty; Paul Hadjage; Jean-Charles Capon
ORGAN : Eddie Louiss
GUITARS : Raymond Gimenes; Tony Rallo
FENDER BASS : Francis Darizcuren
DRUMS : André Arpino
PERCUSSIONS : Marc Chantereau; Bernard Lubat; Jean Schultheis; Michel Lorin

POP ORCHESTRA (U.S.A.)

SAX & WOODWINDS : Tom Scott; Lanny Morgan; Don Menza; Pete Christleib

TRUMPETS : Buddy Childers; Chuck Findley; Ollie Mitchell; Paul Hubinon
TROMBONES : Kai Winding; Lou McCrary; Benny Powell; Ernie Tack; Bob Edmundson; Dick Hyde; Don Waldrop

ORCHESTRA MANAGERS : Jean-Claude Dubois (Paris); Jules Chaikin (Los Angeles)

BACKUP VOCALISTS : Ronald Hicklin; Jerry Whitman; Lewis Morford; John Lehman; Venetta Fields; Clydie King; Sherlie Matthews; Rita Coolidge; Carolyn Willis; Gwen Johnson; Lynette Robinson; Lorna Maxine Willard; Lisa Roberts; Jean Sewell; Ginger Blake; Len Wyatt; Tyrone Scott; Sentell Willis, Jr.; Douglas Burnett Gibbs; Robert Zwirn; George Bledsoe; Gerald Charles Garrett; Oren Waters; Thomas D. Kenny

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Donny Hathaway - A Donny Hathaway Collection (1990)

Donny Hathaway (1945-1979) est un auteur, compositeur et interprète soul américain.

○ Enfance ○

Né à Chicago, le 1er octobre 1945, Donny Hathaway est élevé par sa grand-mère, chanteuse de gospel qui l'initia très tôt à la musique, le poussant à chanter dès l'âge de 3 ans. Bientôt à l'aise au piano, il grandit à Lake St-Louis. Diplômé à l'école Vashon, ses talents de pianiste lui offrent en 1964 la chance d'intégrer la très réputée Université Howard. Il n'y passera que trois ans, trop impatient de se lancer professionnellement, le temps de vivre une expérience musicale avec ses camarades du Ric Powell Trio. Très sollicité pour travailler dans l'industrie musicale, Donny décide de quitter l'école avant même d'en avoir été diplômé.

○ Premiers pas ○

C'est donc en 1967 qu'il arrive à Chicago, recruté par le label Twinight Records. Il y fait ses premières expériences professionnelles, quoique dans les coulisses. Ainsi, d'abord producteur, ingénieur son, compositeur ou pianiste accompagnateur, il travaille avec The Staple Singers, Jerry Butler, Aretha Franklin, Curtis Mayfield. Ce n'est qu'en 1969 qu'il débute une carrière de chanteur, enregistrant le titre "I Thank You Baby" avec June Conquest. Signant chez le label Atco l'année suivante, il sort son tout premier album Everything is Everything en 1970, contenant deux de ses classiques?: "The Ghetto" (qui sortira en single) ainsi que le titre éponyme.

○ Succès ○

Il faut néanmoins attendre 1971 et son second album Donny Hathaway pour rencontrer un succès favorisé par les critiques qui accompagnent la sortie du LP. 1971 est également l'année durant laquelle il enregistre son premier titre en duo avec son amie (et ex-camarade de classe à Howard) Roberta Flack?: "You've got a Friend". La reprise de la chanson de Carole King atteint rapidement le Top 10 des ventes de titres R&B aux États-Unis, et ce succès pousse les deux artistes à enregistrer cette fois ci un album complet, éponyme une nouvelle fois. Sorti en 1972, il contient le très populaire "Where is the Love?" qui, après s'être classé dans les charts R&B et Pop (fait remarquable pour l'époque), remporte un Grammy. Le tube dynamite les ventes de l'album du couple, qui sera certifié gold (500?000 ventes aux États-Unis).

Au sommet de son succès, Donny Hathaway multiplie les projets : il compose la musique du film Come Back Charleston Blue (1972), enregistre le thème de la série télévisée Maude, mais surtout profite de ses concerts pour sortir son 4e LP, Live. Probable plus grande œuvre de l'artiste, l'album témoigne d'une communion hors du commun entre le chanteur, ses musiciens et les audiences.

○ Les années sombres ○

Paradoxalement, c'est lorsque le talent du chanteur éclate au plus grand nombre que la vie de celui-ci prend un tournant tragique. En effet, c'est à partir de 1972 que Donny Hathaway se met à souffrir de dépressions. Périodiques, évidemment imprévisibles, elles causent de nombreuses hospitalisations à l'artiste dont la relation avec Roberta Flack se dégrade. Très affaibli, le chanteur trouve les forces d'enregistrer un nouvel album, Extension of a Man, dont le ton reflète l'état de son compositeur?: plus doux, ambitieux et mélodique, c'est également celui qui contient l'une de ses plus marquantes compositions, "Someday We'll All Be Free".

○ La mort brutale ○

Quasiment absent de la scène musicale entre 1973 et 1978, ne se produisant plus que rarement, dans de petits clubs, Donny Hathaway semble être parvenu à bout de ses névroses lorsqu'il retourne en studio en 1977. Réconcilié avec Roberta Flack, il enregistre "The Closer I Get to You" pour le nouvel album de celle-ci. Le succès du titre est incroyablement immédiat, et bientôt supérieur à celui de "Where is the Love", quelques cinq années auparavant.

Alors que sa vie était sur le point de repartir, peu après s'être mis d'accord pour enregistrer un nouvel album avec Flack, Donny Hathaway est retrouvé mort, le 13 janvier 1979, en contrebas de sa chambre au 15e étage de l'hôtel Essex, à New York. Sa fenêtre ouverte et l'absence de traces de violence sur son corps amènent les autorités à officialiser la thèse du suicide, laissant fans, proches et Roberta Flack dans la plus grande et malheureuse incompréhension.

○ A Donny Hathaway Collection ○

Compilé bien longtemps après sa mort, A Donny Hathaway Collection ressemble à un testament, posant un regard sur les titres qui ont fait sa gloire et la joie de milliers de personnes à travers le monde. On y retrouve avec délectation la suavité de la voix, emprunte de passion voire d'un certain mysticisme. Cet homme est habité, peut-être trop dailleurs et son extrême sensibilité n'est peut-être pas étrangère à son funeste destin. Aussi, que vous soyez fan ou pas de soul music, vous ne serez pas insensible au message que nous envoie Donny, un message au delà des mots, au dela de l'esprit, Comme un baume appaisant qui vous ira droit à l'âme.

Tracklist :

1. A Song For You 5:29
2. I Love You More Than You'll Ever Know 5:23
3. You Were Meant For Me 3:51
4. Back Together Again (with Roberta Flack) 4:50
5. Where Is The Love? (with Roberta Flack) 2:46
6. For All We Know (with Roberta Flack) 3:41
7. Someday We'll All Be Free 4:14
8. Giving Up 6:23
9. The Closer I Get To You (with Roberta Flack) 4:41
10. You Are My Heaven (with Roberta Flack) 4:14
11. What's Goin' On (Live) 5:23
12. The Ghetto 6:54
13. To Be Young, Gifted And Black 6:46
14. You've Got a Friend (with Roberta Flack) 3:27
15. This Christmas 4:09

Personal :

Donny Hathaway : Chant, Arrangements, Production
Roberta Flak : Chant, Arrangements, Production
Arif Mardin : Arrangements Violons et Vents
James Mtume : Arrangements
Ray Chew : Arrangements
Jerry Wexler : Production
Joel Dorn : Production
Rubina Flake : Production
Joe Ferla : Production
Eugene McDaniels : Production
Eric Mercury : Production
Ahmed Ertegun : Producteur Executif

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Alison Moyet - Voice (2004)

Alison Moyet, née le 18 juin 1961 à Billericay (Essex) est une chanteuse britannique.

En 1981, Alison Moyet formait Yazoo, avec l'ancien clavier de Depeche Mode, Vince Clarke, sortant quelques tubes. Puis elle se lança dans une aventure solo, réalisant plus 1,5 million de vente sur son premier album. Mais la belle (car elle l'est) ne se contente pas de ses succès commerciaux, elle aime se remettre en question et prouver sa valeur...

C'est sa rencontre avec la pianiste et compositrice Anne Dudley (à qui l'on doit notamment la BO d'American History X) qui est à l'origine de Voice. Un coup de foudre artistique qui mène les deux femmes à revisiter des classiques de Jacques Brel, Elvis Costello, Michel Legrand, Burt Bacharach, George Gershwin mais aussi Henri Purcell ou Georges Bizet. Du jazz à la fois romantique et sensuel qui met pleinement en valeur la voix d'Alison.

Une voix, grave et chaleureuse, qui pénètre nos corps jusqu'aux frissons. Sans doute est-ce parce qu'elle a abordé son travail différemment, se focalisant avant tout sur cet élément. Sans doute aussi en raison de la présence à la production de The Insects, plus connus pour leurs collaborations avec Goldfrapp et Massive Attack. Le résultat est tout simplement troublant : Alison Moyet nous fait prendre conscience qu'il existe des crooners au féminin, et ça n'est pas un mal !

Pour moitié d'origine française (son deuxième prénom est Geneviève), Alison déplore d'être inconnue des Français, épisode Yazoo mis à part.

Avec cet album produit par The Insects, Alison Moyet nous livre en 2004 un album de reprises hors norme: du morceau d'ouverture (the windmill of your mind, version anglaise des "moulins de mon coeur") jusqu'au classique "bye bye blackbird" de fermeture, elle nous convie à une célébration vocale (l'album s'intitule "voice", voix) teintée de jazz (cry me a river, the man I love), de traditionel anglo saxon(the wraggle taggle gypsies-o), classique (bizet et purcell), chanson française (superbe interprétation des "vieux amants" de brel), pop anglaise (2 titres d'elvis costello dont la dame est fan)...tout cela servi sur un moelleuse orchestration concoctée par anne dudley. On est très loin des sonorités électroniques de yazoo (souvenez vous de don't go) dont alison était la voix au début des années 80.

"voice" est un ciel d'automne chargé d'émotions simples et directes...et cela fait beaucoup de bien!


Tracklist :

1. Windmills Of Your Mind 3:51
2. The Man I Love 3:49
3. Almost Blue 3:53
4. Je Crois Entendre Encore 3:30
5. What Are You Doing The Rest Of Your Life ? 3:15
6. God Give Me Strength 5:37
7. The Wraggle Taggle Gypsies-O! 3:30
8. Dido's Lament : When I Am Laid In Earth 3:21
9. La Chanson Des Vieux Amants 5:09
10. Cry Me A River 5:39
11. Bye Bye Blackbird 3:02

Personal :

Alison Moyet : Chant
Chris Laurence : Bass
John Parricelli : Guitar
Anne Dudley : Piano, Keyboards
Ralph Salmins : Drums
Derek Watkins : Trumpet
Jamie Talbot : Saxophone
Julian Jackson : Harmonica
Nicholas Bucknell : Clarinet

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lundi 19 janvier 2009

Tears For Fears - Everybody Loves A Happy Ending (2004)


Tears For Fears (parfois abrégé en TFF) est un groupe britannique à succès de new wave fondé au tout début des années 1980. Depuis sa création, il y a 27 ans, Tears For Fears a vendu plus de 22 millions d'albums à travers le monde (dont plus de 8 millions pour les seuls États-Unis).

Groupe formé en 1981 à Bath (Angleterre) par Roland Orzabal et Curt Smith (tous deux nés en 1961), considéré à tort durant ses premières années d'existence comme un duo alors que les deux compères qui se connaissent depuis l'adolescence se sont adjoint rapidement les services de deux autres membres actifs, à savoir Ian Stanley et Manny Elias. Mais si l'on tient tout de même à cette notion de duo, on peut dire que durant les premières années de vie du groupe, la vraie « paire créative » était plutôt constituée par Orzabal/Stanley. D'ailleurs, ce dernier multipliera ses activités en parallèle de TFF ainsi qu'après son départ, en produisant des artistes d'envergure internationale tels que Lloyd Cole and the Commotions, Tori Amos, The Human League ou encore A-ha et les Pretenders.

Aux origines, avant de connaître le succès à grande échelle avec Tears For Fears, Orzabal et Smith avaient intégré à la fin des années 1970 (alors qu'ils avaient à peine 18 ans !) un groupe assimilé malencontreusement au mouvement ska appelé The Graduate. Ce groupe produisit un album, Acting my age, et notamment un single Elvis should play ska qui manqua de peu le Top 100 en Angleterre, mais fonctionna mieux en Espagne et aux Pays-Bas ; donnant alors déjà à Roland et Curt l'occasion de tourner dans plusieurs pays. Suite à des divergences d'opinion, les deux amis quittèrent ce groupe, rejoignant très brièvement une autre formation appelée Neon, où sévissaient les membres du futur Naked Eyes. Ils quittèrent donc rapidement ce groupe, formant peu après History of Headache, rebaptisé finalement Tears For Fears.

Roland Orzabal - le vrai « leader » du groupe - donne ce nom (que l'on peut traduire en français, en gardant la rime, par "Pleurs De Peurs") à sa formation en écho au psychothérapeute Arthur Janov et à sa théorie du Cri primal. Celle-ci dont John Lennon deviendra un adepte, a pour but de soigner les troubles psychologiques du patient et de l'en libérer en remontant à la source de son malaise, que peut parfois représenter symboliquement sa naissance. Il faut dire qu'Orzabal et Smith ont grandi dans des familles monoparentales, élevés par des mères qui devaient assumer seules un foyer.

Débuts prometteurs :

Après leurs premiers singles Suffer the children et Pale shelter (you don't give me love) qui passent inaperçus auprès du grand public, Tears For Fears connaît au Royaume-Uni un énorme succès avec le titre Mad World fin 1982 (n°3), extrait de leur premier album à venir. La machine est alors lancée et rien ne l'arrêtera.

Le 25 mars 1983, sort leur premier album intitulé The Hurting (la blessure) produit par Chris Hugues (ex-batteur d' Adam and the Ants) et Ross Cullum ; celui-ci où dominent les synthétiseurs mais dans lequel sont également présents des instruments plus « classiques » tels que la guitare, la batterie, le piano et même le saxophone, est presque entièrement composé par Orzabal et évoque largement les souffrances de l'enfance, la recherche de soi et le désir de changement, sur fond des théories d'Arthur Janov. C'est un immense succès au Royaume-Uni (n°1) - où l'album reste d'ailleurs classé dans les charts durant 65 semaines au total entre 83 et 85 - et un peu partout dans le monde (comme en Allemagne, en Australie, au Canada ou encore en Afrique du Sud) grâce notamment à deux autres tubes internationaux, Change et une nouvelle version de Pale Shelter (tous deux classés au Top 5 au Royaume-Uni) ; profitant en outre de vidéoclips plutôt réussis à l'atmosphère parfois étrange.

La consécration :

Après ces débuts très prometteurs, le groupe se perd un peu et il faut attendre fin 1984 pour voir TFF renouer avec le succès à grande échelle, grâce à ce qui peut être considéré encore aujourd'hui comme l'un des plus grands hits des années 1980, voire un titre légendaire : Shout. Ce morceau, composé par Orzabal aidé de Stanley, accroche rapidement le sommet des charts internationaux en 84-85 et devient ainsi n°1 en Allemagne, en Australie, au Canada, aux Pays-Bas, etc. mais aussi, durant l'été suivant, aux États-Unis. En février 1985 est édité leur second album Songs from the Big Chair - produit par Chris Hughes et David Bascombe - qui remporte d'emblée un énorme succès en se classant n°1 un peu partout sur la planète (dont les États-Unis un peu plus tard dans l'année, durant cinq semaines consécutives). Le titre de cet album est inspiré d'une série américaine diffusée à la fin des années 1970 intitulée "Sybil" et qui a pour sujet le parcours d'une jeune femme souffrant de multiples personnalités, qui ne se sent en sécurité qu'auprès de son psychanalyste, sur ce qu'elle appelle "la grande chaise" (the big chair) c'est-à-dire le fameux divan, l'un des symboles typiques de la psychanalyse.

Ce succès est renforcé par la parution en mars 85 d'un autre 45 tours et nouveau tube mondial extrait de cet album, le très pop Everybody Wants to Rule the World. Celui-ci décroche rapidement la première place du podium aux États-Unis - alors friands de groupes new wave à la Duran Duran - et permet au disque dont il est issu de se vendre sur ces terres à plus de 5 milllions d'exemplaires, au fil des années qui suivent. Les clips vidéos des chansons tirées de l'album sont alors diffusés en boucle sur la récente chaîne musicale américaine, MTV, faisant à ce moment-là de Tears For Fears un vrai phénomène. Et pour la petite histoire, Songs from the Big Chair est l'un des premiers albums à profiter du format Compact Disc (avec le Brothers in arms de Dire Straits, et les albums du Alan Parsons Project). Avec cette consécration, les années 1985-1986 sont en conséquence marquées par des tournées internationales incessantes. En 1986, Tears for Fears soutient l'association "Sport Aid" (dérivée de "Live Aid") avec un 45 tours, Everybody wants to run the world, qui est en fait une réécriture de leur chanson mythique Everybody wants to rule the world. Ce nouveau titre décroche la cinquième place dans le Top 40 britannique. Mais c'est aussi à la fin de cette période fructueuse que Manny Elias quitte le groupe et devient un musicien de studio apprécié, collaborant notamment avec des "pointures" telles que Peter Gabriel.

Changements de cap :

Après ce triomphe, il faut cependant attendre 1989 pour voir apparaître un nouvel album de TFF, The Seeds of Love, album pour lequel ils sollicitent à nouveau le producteur David Bascombe (qui avait signé en partie la réalisation de "Songs from the big chair"). Ce nouveau disque est résolument orienté vers des musiques moins marquées par l'électropop des débuts et fait la part belle aux ambiances presque « jazzy » parfois, avec notamment la participation sur certains titres - dont le célèbre Woman in Chains (classé au Top 30 en France, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, etc.) - d'une chanteuse soul, Oleta Adams, rencontrée aux États-Unis durant les fameuses tournées 85-86 ; et dont Orzabal produira d'ailleurs avec succès le premier album solo. The Seeds of Love (où l'on retrouve aussi Phil Collins et Manu Katché en tant que batteurs, et pour la dernière fois sur un album du groupe, Ian Stanley) est précédé du single très « beatlesque », Sowing the Seeds of Love, qui squatte le haut des classements mondiaux durant plusieurs semaines (n°2 aux États-Unis et en Italie par exemple, n°3 aux Pays-Bas, n°4 en Irlande et n°5 au Royaume-Uni). Et si les 45 tours suivants n'obtiennent pas le succès international escompté, l'album est tout de même une réussite commerciale se vendant à plusieurs millions d'exemplaires et se classant au Top 10 dans de nombreux pays (dont les États-Unis où ce disque atteint une bonne 8ème place au Billboard 200).

C'est aussi à ce moment-là que les premières vraies tensions apparaissent entre Orzabal et Smith, le premier reprochant au deuxième de n'avoir contribué que de loin - ce qui n'est pas totalement faux - à « l’œuvre TFF ». Cela aboutit donc au départ officiel de Smith en 1991 qui se lance alors dans une carrière solo, il faut bien le dire, sans grand écho.

Orzabal reste seul aux commandes - ce qui a d'ailleurs toujours été quelque part ainsi - et publie après la compilation de 1992, deux albums, Elemental en 1993 - qui contient le dernier tube en date, au niveau international, de Tears For Fears : Break it down again (classé au Top 25 en France, aux États-Unis, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, etc.) - et Raoul And The Kings Of Spain en 1995, qui ne rencontrent pas le même succès - loin de là - que leurs mythiques prédécesseurs. L'année suivante, une compilation de raretés et de faces B, Saturnine Martial & Lunatic, est éditée, sur laquelle on retrouve une extraordinaire reprise du Ashes to Ashes de David Bowie, magistralement interprétée par Orzabal ; puis, plus rien à part la réédition remasterisée des premiers albums et la parution de quelques compilations plus ou moins officielles.

Enfin, presque plus rien car en 1999, Roland Orzabal produit le premier album international, Love in the time of science, d'une artiste islandaise - d'origine italienne - jusque-là cantonnée dans son pays natal, Emilíana Torrini ; et en 2001 édite un album plutôt réussi Tomcats Screaming Outside sous son propre nom. Puis en 2002, deux artistes américains, Gary Jules et Michael Andrews, reprennent leur premier tube Mad World dans une émouvante version qui est utilisée dans le film mythique Donnie Darko, avec d'ailleurs un autre morceau de TFF, Head over Heels (sorti initialement en 1985, et classé à l'époque n°3 aux États-Unis, n°5 en Irlande, n°8 au Canada et N°12 en Grande-Bretagne). Cette reprise éditée en tant que single au Royaume-Uni y atteint la première place des charts durant trois semaines consécutives, fin 2003 ! ; et vaut indirectement au groupe son premier n°1 sur ses propres terres, ce qui n'était jamais arrivé (meilleure place, n°2 pour Everybody Wants to Rule the World en 1985).

Les retrouvailles :

Et surprise, on annonce pour 2004 les retrouvailles d'Orzabal et Smith. Cela se concrétise par un nouvel album très inspiré intitulé Everybody Loves a Happy Ending, suite musicale logique du The Seeds of Love de 1989 (leur dernier album ensemble) avec des titres très pop comme Closest Thing to Heaven ou Call me Mellow. Une tournée mondiale s'ensuit en 2005. Celle-ci passe par la France le 18 juin de cette année où le groupe (avec 4 autres artistes) donne un concert au Parc des Princes à Paris dans le cadre d'un festival organisé par une radio - Europe 2 - devant plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ce spectacle télédiffusé donne lieu à la parution début 2006 d'un album live (agrémenté de trois titres "studio" inédits) intitulé Secret world (CD et DVD) édité par la maison de disque française du groupe et principalement distribué, dans un premier temps, dans ce pays ainsi qu'en Belgique et en Suisse.

Plus récemment, le groupe a joué dans le cadre des Nights of the Proms en Belgique et aux Pays-Bas - parmi d'autres artistes - durant lesquelles il a pu interpréter quelques-uns de ses succès accompagné d'un orchestre philarmonique ; le même événement s'étant reproduit au printemps 2007 en France, où l'on a pu voir Roland Orzabal interpréter par exemple Woman in Chains en duo avec Lara Fabian, à Toulon.

"Everybody Loves a Happy Ending" est le septième album des Tears For Fears. Il marque le retour de Curt Smith, qui avait quitté le groupe au début des années 90.

Surprise, sans doute parce que tout le monde préfère les fins heureuses (!), les deux frères ennemis se rapprochent en ce début de nouveau millénaire et décident même de sortir un nouvel album. Paru en septembre 2004 outre-Manche, Everybody Loves a Happy Ending n’a connu qu’une sortie tardive chez nous. Il a en effet fallu plusieurs mois pour qu’un éditeur ne décide de signer le groupe en France, où il a connu un succès certain jusqu’au début des années 1990, pour rapidement tomber dans l’oubli suite au split des deux leaders. Bien sûr, ce rapprochement inespéré pourait sentir le coup marketing à plein nez. Et pourtant, il n'en est rien !

Pour ce nouvel album, Smith et Orzabal n’ont pas tenté de réinventer la roue : les clins d’œil à The Seeds of Love sont assez évidents (ne serait-ce que la pochette, pour le moins chargée), et musicalement on a affaire à un excellent disque… aux ambiances 80's. Production luxuriante, arrangements pompeux, voix haut perchées... c’est effectivement du Tears For Fears pur sucre, de la pop eighties comme on n’en fait presque plus, voire comme on pourrait ne plus avoir envie d'en écouter.

Et, seconde surprise, nombreux sont les morceaux à flatter l’oreille dès les premières écoutes grâce à leurs mélodies très agréables, ainsi qu’à laisser un très bon goût en bouche : "Closest Thing to Heaven" et ses synthés bien kitsch, "Call Me Mellow" et son refrain très "There she goes" des Sixpence None the Richer (quelle référence !), la douce "Who You are" et la très belle "Ladybird"… Chantés alternativement par Smith et Orzabal, dont les voix n’ont pas pris une ride, tous ces titres sont d’excellente tenue et font honneur à ce vénérable groupe, dernier survivant des eighties aux côtés de Depeche Mode, U2 et Simple Minds (même si, question crédibilité, il se rapproche plus des derniers que des premiers).

En conclusion, malgré les a priori négatifs que l'on pourrait avoir sur les années 80's, ce disque est un excellent rappel des grandes qualités de songwriting de Smith et d’Orzabal. Si, en revanche, vous avez moins de 15 ans, n’hésitez pas un instant à y jeter une oreille attentive car Tears For Fears, quels que soient leur statut et leur réputation dans le monde musical, vaudront toujours mieux que leurs clones actuels.

Tracklist :

1. Everybody Loves A Happy Ending 4:24
2. Closest Thing To Heaven 3:39
3. Call Me Mellow 3:42
4. Size Of Sorrow 4:46
5. Who Killed Tangerine? 5:35
6. Quiet Ones 4:24
7. Who Are You? 3:43
8. The Devil 3:33
9. Secret World 5:14
10. Killing With Kindness 5:27
11. Ladybird 4:53
12. Last Days On Earth 5:46
13. Pullin' A Cloud 2:50
14. Out Of Control 5:08

Personal :

Roland Orzabal : Chant, Guitars, Composition
Curt Smith : Chant, Basse, Composition
Fred Eltringham : Drums
Brian Geltner : Drums
Rick Baptist : Trumpet
Kenny Siegal : Additional Guitars
Secret World Orchestra : Arrangements

Charlton Pettus : Producer

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RS : Part 1 - Part 2 - Part 3
MU : Part 1 - Part 2 - Part 3

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dimanche 18 janvier 2009

Peter Gabriel - Passion: Music For The Last Temptation Of Christ (1989)


Peter Brian Gabriel est un auteur-compositeur-interprète britannique né le 13 février 1950. Il a d'abord connu la célébrité en tant que membre du groupe de Rock progressif Genesis, mais il a eu ensuite une longue et prolifique carrière solo après son départ du groupe en 1975 laissant la place de chanteur principal au batteur Phil Collins. Peter Gabriel est aussi un producteur de disques sur son label Real World. Il est depuis de nombreuses années impliqué dans différentes associations humanitaires. Le magazine "TIME" vient de le consacrer, "l'une des 100 personnes les plus influentes de la planète" en 2008.
Nul n'était plus indiqué que l'ex-leader de Genesis pour composer la bande originale du film de Martin Scorsese. On connaît la méticulosité du réalisateur américain dans le choix de ses musiques (Bernard Hermann, connu pour son travail avec Hitchcock, dans Taxi Driver) comme sa passion pour le rock (The Last Waltz est un modèle du genre).
En 1989, fort d'un passé discographique incluant un hommage au militant anti-apartheid Steve Biko, un duo avec Youssou N'Dour et, surtout, la création de son label Real World consacré à la diffusion des musiques du monde, Peter Gabriel, musicien nomade ouvert à tous les horizons, est l'homme de la situation.
Passion est la B.O. idéale de ce grand film, tourné par un cinéaste hanté par le thème de la rédemption, qu'est "La Dernière Tentation du Christ". Des musiques traditionnelles sans âge, issues du bassin méditerranéen (Égypte, Turquie, etc.) et remixées en studio, portent les images. Comme une chaleureuse invitation au voyage. Géographique. Et dans le temps.

Tracklist :

1. The Feeling Begins 4:00
2. Gethsemane 1:26
3. Of These, Hope 3:55
4. Lazarus Raised 1:26
5. Of These, Hope (Reprise) 2:44
6. In Doubt 1:33
7. A Different Drum 4:40
8. Zaar 4:53
9. Troubled 2:55
10. Open 3:27
11. Before Night Falls 2:20
12. With This Love 3:39
13. Sandstorm 3:02
14. Stigmata 2:28
15. Passion 7:38
16. With This Love (Choir) 3:21
17. Wall Of Breath 2:29
18. The Promise Of Shadows 2:13
19. Disturbed 3:35
20. It Is Accomplished 2:55
21. Bread And Wine 2:19

Personal :

Peter Gabriel : Composer, Piano, Keyboards, Percussions, Various
Julian Wilkins : chœur enfant
Manny Elias : Ethnic Percussions
Hossam Ramzy : Ethnic Strings and Percussions
David Botrill : Percussions
Manu Katché : percussions additionnelles
David Rhodes : Guitars
Jon Hassell : trompette
Nusrat Fateh Ali Khan : Chant
Youssou N'Dour : Ethnic Instruments
Richard Evans : tin whistle

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RS : I C I
MU : I C I
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samedi 17 janvier 2009

Steve Hackett - DarkTown (1999)


Steve Hackett (né le 12 février 1950 à Pimlico, Londres) est un guitariste de rock britannique. Il est surtout connu pour son travail à la guitare électrique au son éthéré, et comme étant un des pionniers du tapping. Il est aussi connu pour son très bon jeu de guitare classique.
En
1971, il devient célèbre en remplaçant Anthony Phillips dans le groupe britannique Genesis. En plus des parties de guitare, il participe à la composition et l'arrangement des chansons, contribuant ainsi au succès du groupe. Il reste avec Genesis le temps de 8 albums, quittant le groupe en 1977 pour divergences musicales et poursuit dès lors une carrière solo.
En
1986, il forme le groupe GTR avec le guitariste Steve Howe (ex-Yes et Asia). Leur seul album connaît un certain succès commercial mais, insatisfait de la gestion financière du groupe, Hackett met fin au projet.
Il poursuit depuis 1987 sa carrière solo et sort de nombreux albums.



Ce nouvel album marque le retour du guitariste vers la bonne fée électricité, celle qui le rendit si célèbre et l'autorisait à tant de prouesses et de fantaisies. Certes, Guitar Noir, qui remonte quand même à 1993, témoignait déjà d'un regain qualitatif sur quelques morceaux, mais sur la longueur, il s'avérait trop monotone et décevait plutôt.

Autant le dire sans détour, la nouvelle cuvée est bien meilleure, car elle se distingue cette fois sur sa totalité. Il ne faut cependant pas s'attendre aux splendeurs d'antan. Non, en fait, Steve Hackett persiste en grande partie dans la voie des derniers albums, mais la nouveauté, c'est qu'il finit par y devenir efficace.

Le plus étonnant, à ce titre, est évidemment la qualité du chant, si souvent mis en cause, qui désormais s'avère tout à fait honnête (à condition qu'il ne soit pas forcé, comme sur «Rise Again»). De tels progrès paraissent dans son cas un peu miraculeux. Comme quoi rien n'est jamais désespéré.

Quant à son acharnement à vouloir rattraper son temps, on peut dire que sans avoir renoncé, il fait cette fois preuve, dans cette direction, de bon goût (ou au moins de retenue). Certes, on regrettera bien ça et là l'usage de boîtes à rythmes ou certaines consonances 'techno' laissant un peu perplexe, mais il faut reconnaître que le travail climatique (qui, lui, renvoie aux premiers albums) intègre et dissimule ces rigidités.

Même la partie la plus modeste (les chansons) parvient à sortir de la banalité, trouvant une bonne dose de charme dans leurs arrangements et leurs mélodies agréables. Dans ce contexte, un morceau comme «Days Of Long Age», chanté par Jim Diamond, fait immanquablement penser aux délégations de Please Don't
Touch.

Maintenant, si de ce musicien l'on sait avoir évité le pire, a-t-on pour autant le meilleur ?

Si l'on considère des morceaux comme le superbe instrumental «Twice Around The Sun», et ses divines nappes de mellotron, «In Memoriam», concluant l'album et rappelant fortement «Epitaph» de King Crimson (avec des réminiscences du «I'm Not In Love» de 10cc), ou «Darktown», dont l'excellent riff mélodique est repris sur le trop court «Darktown Riot», on serait tenté de répondre positivement.

Ce serait là, à mon avis, aller un peu vite en besogne. Certes, son bilan qualitatif globalement homogène place Darktown parmi les meilleurs albums du guitariste, devant même Defector ou Please Don't Touch. Mais ses sommets restent selon moi en deçà de ceux de ces derniers. Ce qu'il manque à ce nouveau Steve Hackett, c'est la flamboyance, et en fait sa force de conviction...

La magie d'autrefois tenait certainement à sa volonté de démontrer, non pas seulement son talent de musicien, mais plus encore l'opportunité de ses choix progressifs électriques. Sans nouveauté sonore à proposer, c'est comme s'il avait désormais renoncé à surprendre, comme s'il n'était plus lui-même convaincu de la beauté et de l'utilité de ses solos comme de ses extravagances.

La seconde partie de l'entretien qu'il nous a accordé l'année dernière (cf. notre rétrospective) est à ce titre riche d'enseignements sur son état d'esprit actuel. Considérant la capacité des grands compositeurs classiques à atteindre la perfection («un état de flottement, une élévation qui nous fait voir des anges, ou même Dieu»), il reconnaît l'inaptitude du rock à atteindre ce niveau.

Se révélant par contre conscient que la musique progressive peut, elle, y parvenir lorsqu'elle est réussie, on se dit qu'il a vraiment tout compris. Seulement, le paradoxe dans l'affaire, c'est qu'il envisage au même moment Darktown comme un album rock. Ce dernier, nous pouvons le vérifier aujourd'hui, propose effectivement «une ponctuation rythmique foncièrement terrienne qui empêche la musique de prendre vraiment son envol» [sic]. Comment dès lors se donner à fond dans une telle direction, quand on en perçoit aussi lucidement les limites ?...

Bien sûr, on peut attribuer la réussite globale de l'album au fait qu'il a tout de même de nombreux aspects progressifs. Mais on conserve malgré tout quelques regrets en sachant l'animal capable de beaucoup mieux... s'il voulait bien y consentir.

La conclusion s'impose donc d'elle-même et s'adresse directement au guitariste : nous t'en prions, Steve, fais-toi plaisir et livre nous enfin un album 100% pur jus progressif ! Sache que nous nous fichons du rock comme de nos premières chaussettes. Nous ne demandons qu'une chose, la même que toi : «flotter très haut, voir Dieu et les anges» !!!

Tracklist :

1. Omega Metallicus 3:48
2. Darktown 5:00
3. Man Overboard 4:17
4. The Golden Age Of Steam 4:09
5. Days Of Long Ago 3:23
6. Dreaming With Open Eyes 6:55
7. Twice Around The Sun 7:15
8. Rise Again 4:26
9. Jane Austen's Door 6:13
10. Darktown Riot 3:10
11. In Memoriam 8:00

Personal :

Steve Hackett : guitares, harmonica, piano, narration
John Wetton : basse
John Hackett : flûte, flûte de pan
Roger King : batterie, flageolet, claviers
Ian McDonald : saxophone
Jerry Peal : cordes, cloches
Doug Sinclair : basse
Billy Budis : violoncelle
Hugo Degenhardt : batterie
Aron Friedman : piano, claviers
Jim Diamond : chant
John Colbeck : claviers
Bob Fenner : guitare, post-production

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RS :
Part 1 - Part 2
MU :
Part 1 - Part 2
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vendredi 16 janvier 2009

Daniel Goyone - Third Time (1989)


Irréductible original, Daniel Goyone le fut et le reste. Qu’il officie au sein de ses propres formations, ou dans le groupe du percussionniste indien Trilok Gurtu, qu’il joue ou qu’il compose, il fait clairement entendre sa différence sans ambages ni tonitruances. Ici, c’est dans une formation réduite et originale qu’il s’est lancé et, dans ce champ sonore inédit, son invention mélodique et la diversité de ses choix rythmiques nous ouvrent des mondes d’une diversité et d’une luxuriance inouîes. Il faut dire que le jeu du pianiste et de ses deux complices est d’une finesse et d’une sensibilité qui font totalement oublier l’infernale précision que nécessite l’exécution des partitions du compositeur. Et c’est là que réside une des caractéristiques majeures de Goyone : une exigence extrême au niveau de la conception associée à une fluidité d’éxécution totale, d’où naissent un charme et une émotion uniques. Deux qualités que l’on retrouve réunies sous ses dix doigts quand il aborde le piano solo. Il existe des virtuoses discrets : la plume et le jeu de piano de Daniel Goyone le placent tous deux dans cette catégorie méconnue. Il est urgent de le faire savoir.

Depuis près de 25 ans, Daniel Goyone a développé un univers de compositeur bien personnel, à l'écart des classifications musicales habituelles.Pianiste issu du monde du jazz (cf les disques avec Bunny Brunel avec la participation, entre autres, de Chick Corea), influencé par sa pratique de musiques latino-américaines (cubaine et brésilienne), indiennes (une longue collaboration avec le percussionniste Trilok Gurtu), la musique de Daniel Goyone conjugue une grande attention à l'aspect mélodique, à l'écriture (sans s'interdire l'improvisation), et une recherche approfondie concernant l'utilisation des modes, ou de cycles rythmiques.La nature particulière de cette musique explique sa diffusion dans des domaines très divers: interprétée par des chanteurs (Claude Nougaro, par exemple), des groupes de Jazz (Orchestre national de jazz), des formations de musique de chambre (Orchestre des Concerts Lamoureux), ou encore ses fréquentes utilisations comme indicatif radio/télé ou comme musiques pour le cinéma ou le théâtre.

L'album "Third Time" ne déroge pas à tout ce que nous aimons chez Daniel Goyone. La gaieté, l'enthousiasme, les épices, la nostalgie, la magie. L'envoûtant "Miniature #2" nous emmène au pays des elfes, tandis que la pêche de "Otem-Reh" nous mets du beaume au coeur. "Kelim" est un morceau comme on les aime chez Goyone tout en retenue et plein d'allégresse. Avec "Oceanide" Goyone nous transporte, c'est un bijou d'ambiance et de subtilité.La plage titre, "Third Time" en réjouira plus d'un tant sa rythmique est optimiste. La conclusion de cet album "All Valtz" est un régal pour l'oreille et au final on ne peut qu'en redemander !

Tracklist :

1. Dance of the lords 4:38
2. Miniature #2 - Elfes 4:48
3. Otem-reh 3:22
4. Kelim 4:09
5. Oceanide 4:28
6. Third time 4:50
7. Arborescence #4 4:33
8. Virgule #1 0:49
9. Dance des grues 6:09
10. All valtz 3:41

Personal :

Daniel Goyone : Piano, Keyboards
Trilok Gurtu : Percussions, Voix, Drums
Marc Bertaux : Bass
Francis Lassus : Drums
Gilbert Dall'Anese : Soprano Sax, Tenor Sax
Richard Galliano : Accordéon, Bandonéon

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RS : I C I
MU : I C I
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jeudi 15 janvier 2009

John Surnam - Spaces In Between (2007)

L’intérêt du saxophoniste britannique pour le folklore anglais et la musique religieuse l’a de longue date conduit à en faire les aspects les plus caractéristiques du versant solitaire de son œuvre, à commencer par ceux de ses disques où les boucles répétitives d’un synthétiseur minimal portent de longues méditations acoustiques dans un climat irréel. Plusieurs années de travaux d’écriture lui permettent aujourd’hui d’aborder la musique de chambre sans perdre les constantes d’un univers sonore immédiatement identifiable que caractérisent le goût du contraste et la fascination de ces formes récurrentes et obsessionnelles propices au glissement mélancolique.

C’est en réalité dès le milieu des années soixante-dix que Surman se tourne vers l’écriture classique au cours de sa longue collaboration avec Carolyn Carlson ; le saisissant oratorio Proverbs and songs, enregistré avec John Taylor et le chœur du festival de Salisbury (soixante-quinze voix) et publié voilà deux ans, consacrait enfin sur disque une carrière de compositeur jusqu’alors peu connue. Sa manière ne change pas dans ce projet plus classique où se croisent éléments écrits et improvisés ; sans verser dans les broderies ornementales du Garbarek des jours fervents, le saxophoniste mêle fort habilement ses inspirations classiques au vocabulaire jazz qu’il n’a jamais cessé d’utiliser. Le contexte musical particulier lui permet de mener à bien une collaboration directe longtemps repoussée avec le contrebassiste Chris Laurence, pilier de l’orchestre de l’académie de Saint-Martin et accompagnateur occasionnel de J.J. Johnson et Tony Coe, partageant l’espace de celui-ci entre improvisation et accompagnement. Une fois encore, l’autorité des solistes donne toute sa dimension à un projet qui, pour rester parfaitement classique, prend à l’occasion les voies moins balisées de la musique contemporaine minimaliste ou, plus furtivement, du jazz. Surman l’Européen retrouve alors les couleurs des partitions ellingtoniennes dans un Stone flower éblouissant, où éclate la profonde originalité du projet en même temps que perce une manière piquante d’humour désenchanté. Aussi la gravité de la succession d’accords obsessionnelle ailleurs exploitée à l’envi illustre-t-elle sans doute l’ironie ou le paradoxe bonhomme du titre, tellement peu significatif d’une musique qui, pour être intensément séduisante, ne se joue ni dans la lumière, ni dans les éclats.

The Spaces in Between est un développement du projet CorusCating de John Surman, projet dont les grandeslignes ont été évoquées plus haut, maintenant vieux de pratiquement 10 ans et pour lequel le virtuose desinstruments à vents et son partenaire incontournable Chris Laurence explorent le "Jazz de Chambre" accompagnéspar un quartet de violons.

Le String Quartet Trans4mation et notament la violoniste Rita Manning, fait preuve d'une compréhension subtiledes intentions de Surman à propos de Coruscating et son jeu supperbe sur la plage titre en fait l'évènement central de cet album.

L'écho naturel de l'église St Gerold élargit la texture du jeu Sax bariton sur l'introduction du flow aux épicesnord africain de "Mimosa" (écrit pour le joueur de Oud Anouar Brahem).

Le classique de 1970 "Where Fortune Smiles" (originellement un "Full-on-Road" avec John McLaughlin) Arbore aujourd'hui une grace bien soyeuse pour sa vieille musculature. "Wayfarers All", une piece à tomber dont Surman a le secret sonne un peu rural mais sans excès et, "Winter Wish" romantique est un exercise exquis ou l'improvisation du sax le dispute aux envolées de violons. L'ensemble sonne crémeux et néanmoins piquant comme une nuée de mythes dans un halo de lumière.

Certains "Jazzers" regretteront le punch d'une section rythmique, mais les textures sont néanmoins infiniment délicieuses.

Tracklist :

1. Moonlighter 6:25
2. You Never Know 5:31
3. Wayfarers All 6:02
4. Now And Again 7:31
5. Winter Wish 4:35
6. The Spaces In Between 8:18
7. Now See! 3:12
8. Mimosa 4:42
9. Hubbub 3:57
10. Where Fortune Smiles 4:40
11. Leaving The Harrow 6:48

Personal :

John Surman : Saxophone Soprano et Baryton, Clarinette Basse
Chris Laurence : Basse Double

Trans4mation

Rita Manning : Violon
Patrick Kiernan : Violon
Bill Hawkes : Viola
Nick Cooper : Violoncelle

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RS : I C I
MU : I C I
pass : KhARMAh
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mercredi 14 janvier 2009

Credo - Les Enfants d'Abraham

Chants grégoriens, transes soufi, psalmodies juives, tambours berbères, luths arabes, flûtes ottomanes se mêlent aux sonorités les plus actuelles pour rythmer quelques uns des plus beaux textes liturgiques et mystiques des trois traditions abrahamiques.

D'un genre pourtant bien particulier, Credo - Les Enfants d'Abraham se révèle un produit d'une écoute facile, aux ambiances envoutantes et, ma foi, résolument modernes.

Les arrangements, quoi que simples sont efficaces et apportent une approche plus "easy" à tous ceux qui seraient réffractaires à la musique ethnique et/ou aux chants folkloriques !

Un CD à mettre dans toutes les mains ...

Tracklist :

01. Enfants d'Abraham (Braslavsky) - 4'41
02. Sancta Terra (Braslavsky) - 3'16
03. Psaume (Braslavsky, Rowe) - 6'10
04. Kyrie des Sables (Braslavsky) - 4'24
05. Mawlana (Rowe) - 5'23
06. Abwoun (Braslavsky) - 4'00
07. Skisate (Rowe) - 5'18
08. Al Andalusi (Rowe) - 4'11
09. Stambali (Rowe) - 3'56
10. Solomon (Rowe) - 4'57
11. Kaddosh (Braslavsky) - 4'10
12. Abraham's (Braslavsky) - 0'41
13. Enfants d'Abraham (remix) - 4'57

Personal :

Catherine Braslavsky - chant latin, grec & araméen
Haroun Teboul - ney, chant arabe
Sara Alexander & Arieh Stzantman - chant hébreu
Thierry Renard, Joseph Rowe, Liman Chaker & Sylvain M'Sihid - choeurs
Jessica M'Sihid - voix d'enfant

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RS : I C I
MU : I C I
Pass if needed : KhARMAh
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John Surnam & Howard Moody - Rain On The Window (2008)

Comme nous le rappellent les notes de pochette de Rain on the Window, avant de se consacrer au saxophone, John Surman avait enregistré son tout premier disque - il était alors jeune chanteur soprano - accompagné simplement d’un orgue. Avec une partie du répertoire consacrée à des reprises de cantiques, pour ce nouveau disque, enregistré dans une église, le passé nourrit le présent.

John Surman a rencontré Howard Moody en 1996 lors de la création del’oratorio Proverbs & Songs (CD ECM) à la cathédrale de Salisbury. "C’est John Taylor qui tenait l’orgue lors du concert inaugural mais par la suite, lorsque John n’a pas été disponible, Howard a pris la relève et a assuré la partie d’orgue. J’ai apprécié sa façon d’aborder les sections d’improvisation ; nous avons alors décidé d’essayer de travailler de nouveau ensemble dans le futur. Cela s’est réalisé quand il m’a invité à composer quelques pièces pour le Sarum Orchestra. Finalement après quelques séances de travail concluantes à l’église de Penhurst dans le Kent, nous nous sommes senti prêts à nous lancer dans l’aventure d’un album"… Le disque a été enregistré dansl’acoustique exceptionnelle de l’église Ullern d’Oslo (ville où Surman vit dorénavant).

Le répertoire de ce disque comprend des compositions originales, des improvisations et des thèmes folkloriques traditionnels. Chacune de ces pièces célèbre à sa manière ces deux valeurs fondamentales de la musique de Surman que sont la mélodie et le lyrisme. A Spring Wedding a été composé à l'occasion du mariage en mars 2004 du fils de John, Ben Surman, avec la fille de Jack DeJohnette, Minya.Dancing in the Loft et Dark Reeds sont des improvisations libres. O Waly Waly est une chanson folklorique collectée par Cecil Sharp dans le Somerset en Angleterre, dont la mélodie a été utilisée pour composer l’air traditionnel The Water is Wide. La chanson I’m Troubled in Mind a été publiée pour la première fois dans un recueil de cantiques en 1872.

Howard Moody a jusqu’ici mené une carrière riche et diversifiée en tant que compositeur, chef d’orchestre et spécialiste des claviers. Actuellement directeur artistique et principal chef d’orchestre du Sarum Orchestra, il a également dirigé de nombreuses autres formations (choeurs et orchestres), depuis le BBC Symphony Orchestra jusqu’au Monteverdi Choir en passant par l’Orchestra of the Age of Enlightenment et la Schola Cantorum. Parmi ses nombreuses compositions, on trouve notamment un Requiem offrant au guitariste de Flamenco Paco Peña un rôle de soliste, ainsi qu’un Oratorio, Songs of the Forest, commandé par le Lichfield Festival.Spécialiste des claviers (du clavecin au synthétiseur), il a joué dans tous les plus grands festivals internationaux, et a donné au piano de nombreux récitals aux côtés du ténor Nigel Robson, de la soprano Lynne Sawson ou du violoncelliste David Watkins.Membre également de l’English Baroque Soloists de Sir John Eliot Gardiner, il s’est très vite tourné vers l’improvisation, collaborant avec des musiciens comme Abdullah Ibrahim ou Barry Guy et surtout John Surman. Outre sa participation aux albums Proverbs and Songs et Rain on the Window, Moody a donné en 2004, en tant que chef d’orchestre et pianiste, la première du Concerto pour saxophone et piano de Surman intitulé Ultimate Voyage. Il a par ailleurs assuré la transcription et l’orchestration en 1998 de l’album solo de Surman Road to St Ives (disque mettant en valeur toutes les potentialités du re-recording en solo), pour une prestation en concert de cette pièce par le Bournemouth Sinfonietta. D’autres interprétations de cette oeuvre par le Sarum Chamber Orchestra suivirent en 2002.


Né à Tavistock dans le Devon en 1944, John Surman s’est imposé dès le milieu des années 60 comme l’un des musiciens de jazz les plus en vue de la scène européenne. Son incroyable virtuosité au baryton, que ce soit au sein du Mike Westbrook Orchestra ou en compagnie de John McLaughlin et Chris McGregor, stupéfie alors littéralement musiciens, critiques et amateurs : il recueille aussitôt tous les suffrages, et tourne notamment au Japon au sein du All-Stars band regroupant les vainqueurs du palmarès du journal Down Beat de l’année 1970. Mais c’est à la tête de ses propres formations que sa réputation continue de s'établir : son trio en compagnie de Barre Phillips et Stu Martin impressionne tout particulièrement, posant alors les bases d’un nouveau type d’interaction au sein des petites formations. C’est avec ces musiciens que Surman va faire ses débuts sur ECM en participant en 1976 au disque expérimental de Phillips Mountainscapes. Cette première expérience sera très vite suivie par un album en solo, Upon Reflection, puis par toute une série de disque remarquables dans leur diversité. On trouve dans ces enregistrements des duos avec Jack DeJohnette, une grande formation à l’orchestration inattendue (the Brass Project), un quartet scandinave avec Karin Krog et Terje Rypdal, des collaborations avec Paul Bley, et bien d’autres choses encore.

Toujours intensément passionné par la tradition jazz sous toutes ses formes, John Surman a par ailleurs cherché tout au long de sa carrière à ancrer sa musique dans son histoire personnelle : celle d’un jeune musicien anglais qui a grandi en écoutant la musique chorale et les traditions populaires folkloriques de son pays et d’ailleurs. Surman considère cette façon d’aller toujours plus loin dans l’exploration de ses racines culturelles, qui a influencé toute une génération de musiciens européens, comme une évolution naturelle de son travail, ainsi qu’il l’explique à l’écrivain Tom Erdmann : "Je ne me suis pas intéressé au jazz avant mes 15 ans : c’est dire qu’il y a en moi une grande quantité de musique qui ne prend pas ses racines à Chicago ou à la Nouvelle-Orléans. En fait j’ai toujours senti en moi cette autre musique qui cherchait à s’exprimer, toutes ces idées mélodiques notamment qui me trottaient dans la tête. Ce dont j’avais besoin c’était de trouver une façon de les faire surgir en jouant différemment. Tout ça n’a pas été le fruit d’une grande décision, j’ai laissé en grande partie les choses se faire d’elles-mêmes, mais il est évident que mon association avec ECM a permis à mes idées de s’affermir dans la mesure où la direction dans laquelle je m’engageais était alors dans le droit fil des choix esthétiques de Manfred Eicher. Il appréciait la musique que je lui proposais en solo"… Et sa musique continue d’évoluer en ce sens, de façon quasi organique, ainsi que nous le prouve ce dernier disque, Rain on the Window, à la fois profondément réflexif et d’une grande expressivité.
Les premiers concerts de John Surman et Howard Moody sont prévus au Turner Sims Concert Hall de Southampton le 24 avril à l’occasion de la parution de Rain on the Window, puis le 24 mai à la Cathédrale de Coventry et le 25 mai à Bergame en Italie.

Tracklist :

Circum I
Stained Glass
The Old Dutch
Dancing In The Loft
Step Lively!
Stone Ground
Tierce
Circum II
Rain On The Window
Dark Reeds
O Waly Waly
A Spring Wedding
I'm Troubled In Mind
On The Go
Pax Vobiscum


Personal :

John Surman : Saxophone, Clarinette
Howard Moody : Organ
Manfred Eicher : Production
ECM : Label

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RS : I C I
MU : I C I
Pass if needed : KhARMAh
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