
Steve Hackett (né le 12 février 1950 à Pimlico, Londres) est un guitariste de rock britannique. Il est surtout connu pour son travail à la guitare électrique au son éthéré, et comme étant un des pionniers du tapping. Il est aussi connu pour son très bon jeu de guitare classique.
En 1971, il devient célèbre en remplaçant Anthony Phillips dans le groupe britannique Genesis. En plus des parties de guitare, il participe à la composition et l'arrangement des chansons, contribuant ainsi au succès du groupe. Il reste avec Genesis le temps de 8 albums, quittant le groupe en 1977 pour divergences musicales et poursuit dès lors une carrière solo.
En 1986, il forme le groupe GTR avec le guitariste Steve Howe (ex-Yes et Asia). Leur seul album connaît un certain succès commercial mais, insatisfait de la gestion financière du groupe, Hackett met fin au projet.
Il poursuit depuis 1987 sa carrière solo et sort de nombreux albums.
Ce nouvel album marque le retour du guitariste vers la bonne fée électricité, celle qui le rendit si célèbre et l'autorisait à tant de prouesses et de fantaisies. Certes, Guitar Noir, qui remonte quand même à 1993, témoignait déjà d'un regain qualitatif sur quelques morceaux, mais sur la longueur, il s'avérait trop monotone et décevait plutôt.
Autant le dire sans détour, la nouvelle cuvée est bien meilleure, car elle se distingue cette fois sur sa totalité. Il ne faut cependant pas s'attendre aux splendeurs d'antan. Non, en fait, Steve Hackett persiste en grande partie dans la voie des derniers albums, mais la nouveauté, c'est qu'il finit par y devenir efficace.
Le plus étonnant, à ce titre, est évidemment la qualité du chant, si souvent mis en cause, qui désormais s'avère tout à fait honnête (à condition qu'il ne soit pas forcé, comme sur «Rise Again»). De tels progrès paraissent dans son cas un peu miraculeux. Comme quoi rien n'est jamais désespéré.

Quant à son acharnement à vouloir rattraper son temps, on peut dire que sans avoir renoncé, il fait cette fois preuve, dans cette direction, de bon goût (ou au moins de retenue). Certes, on regrettera bien ça et là l'usage de boîtes à rythmes ou certaines consonances 'techno' laissant un peu perplexe, mais il faut reconnaître que le travail climatique (qui, lui, renvoie aux premiers albums) intègre et dissimule ces rigidités.
Même la partie la plus modeste (les chansons) parvient à sortir de la banalité, trouvant une bonne dose de charme dans leurs arrangements et leurs mélodies agréables. Dans ce contexte, un morceau comme «Days Of Long Age», chanté par Jim Diamond, fait immanquablement penser aux délégations de Please Don't
Touch.
Maintenant, si de ce musicien l'on sait avoir évité le pire, a-t-on pour autant le meilleur ?
Si l'on considère des morceaux comme le superbe instrumental «Twice Around The Sun», et ses divines nappes de mellotron, «In Memoriam», concluant l'album et rappelant fortement «Epitaph» de King Crimson (avec des réminiscences du «I'm Not In Love» de 10cc), ou «Darktown», dont l'excellent riff mélodique est repris sur le trop court «Darktown Riot», on serait tenté de répondre positivement.
Ce serait là, à mon avis, aller un peu vite en besogne. Certes, son bilan qualitatif globalement homogène place Darktown parmi les meilleurs albums du guitariste, devant même Defector ou Please Don't Touch. Mais ses sommets restent selon moi en deçà de ceux de ces derniers. Ce qu'il manque à ce nouveau Steve Hackett, c'est la flamboyance, et en fait sa force de conviction...
La magie d'autrefois tenait certainement à sa volonté de démontrer, non pas seulement son talent de musicien, mais plus encore l'opportunité de ses choix progressifs électriques. Sans nouveauté sonore à proposer, c'est comme s'il avait désormais renoncé à surprendre, comme s'il n'était plus lui-même convaincu de la beauté et de l'utilité de ses solos comme de ses extravagances.
La seconde partie de l'entretien qu'il nous a accordé l'année dernière (cf. notre rétrospective) est à ce titre riche d'enseignements sur son état d'esprit actuel. Considérant la capacité des grands compositeurs classiques à atteindre la perfection («un état de flottement, une élévation qui nous fait voir des anges, ou même Dieu»), il reconnaît l'inaptitude du rock à atteindre ce niveau.
Se révélant par contre conscient que la musique progressive peut, elle, y parvenir lorsqu'elle est réussie, on se dit qu'il a vraiment tout compris. Seulement, le paradoxe dans l'affaire, c'est qu'il envisage au même moment Darktown comme un album rock. Ce dernier, nous pouvons le vérifier aujourd'hui, propose effectivement «une ponctuation rythmique foncièrement terrienne qui empêche la musique de prendre vraiment son envol» [sic]. Comment dès lors se donner à fond dans une telle direction, quand on en perçoit aussi lucidement les limites ?...
Bien sûr, on peut attribuer la réussite globale de l'album au fait qu'il a tout de même de nombreux aspects progressifs. Mais on conserve malgré tout quelques regrets en sachant l'animal capable de beaucoup mieux... s'il voulait bien y consentir.
La conclusion s'impose donc d'elle-même et s'adresse directement au guitariste : nous t'en prions, Steve, fais-toi plaisir et livre nous enfin un album 100% pur jus progressif ! Sache que nous nous fichons du rock comme de nos premières chaussettes. Nous ne demandons qu'une chose, la même que toi : «flotter très haut, voir Dieu et les anges» !!!
Tracklist :
1. Omega Metallicus 3:48
2. Darktown 5:00
3. Man Overboard 4:17
4. The Golden Age Of Steam 4:09
5. Days Of Long Ago 3:23
6. Dreaming With Open Eyes 6:55
7. Twice Around The Sun 7:15
8. Rise Again 4:26
9. Jane Austen's Door 6:13
10. Darktown Riot 3:10
11. In Memoriam 8:00
Personal :
Steve Hackett : guitares, harmonica, piano, narration
John Wetton : basse
John Hackett : flûte, flûte de pan
Roger King : batterie, flageolet, claviers
Ian McDonald : saxophone
Jerry Peal : cordes, cloches
Doug Sinclair : basse
Billy Budis : violoncelle
Hugo Degenhardt : batterie
Aron Friedman : piano, claviers
Jim Diamond : chant
John Colbeck : claviers
Bob Fenner : guitare, post-production
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RS : Part 1 - Part 2
MU : Part 1 - Part 2
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